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deux mots encore,

BONNES LECTURES!

Magali Mauras

Post-Scriptum

N'hésitez pas à laisser vos commentaires, compléments, informations sur la poésie.

Le goût de la menthe

Fente_du_vertige Il a posé un silence et l'amant dit

Riez mais pas encore. Je suis très amoureux. Elle ne sait pas ça, comme j'ai des vertiges quand je monte sur sa montagne, je touche les étoiles du front et je tombe, inerte...

Haletant, je pose des baisers sur son cou de lait. Et ma gratitude est longue ici. Elle l'aime ma gratitude, elle s'enroule dans une tendresse de granit, celle qui porte sa trace sur notre peau, lui donne un grain lumineux, la douceur des pétales de la fleur.

Magali Mauras

Nu Mallarmé

Copie_de_ruban_rire_1                                               O miroir!

Eau froide par l'ennui dans ton cadre gelée

Que de fois et pendant les heures, désolée

Des songes et cherchant mes souvenirs qui sont

Comme des feuilles sous ta glace au trou profond,

Je m'apparus en toi comme une ombre lointaine

Mais, horreur! des soirs, dans ta sévère fontaine,

J'ai de mon rêve épars connu la nudité!

Stéphane Mallarmé

Hérodiade in Vers et prose Garnier-Flammarion.

Je devine le souffle de mon voisin

Tisserandelune_1 Criquet-tisserand

sur la cloison vient chanter

la nuit est de lune

Fûbaku

Le haïkai de Bashô et de son école, édition Textuel, collection : L'oeil du poète.

Poèmes traduits du japonais par René Sieffert.

Les chemins ouverts de Julien Gracq

2003_0427image0031 LA VIE DE VOYAGE

Nous quittions la ville vers trois heures du matin, quand les maisons ténébreuses des avenues se relancent de façade en façade les oiseaux de nuit, comme un tir aux pigeons de coussins de soie. L' aube se levait en ruban de lumière bleue sur les rails d'un tramway des faubourgs, - mais, dès avant la terre promise, le ciel change! c'est la pluie sur les vitrages d'un hôtel désaffecté de la plage, le déjeuner de pain gris sur lequel la mer fait le bruit des larmes. A qui s'en prendre? tout désorientés, perplexes, nous faisons les cent pas sur l'estacade, en jetant nos morceaux de pain à la mer. Voici : maintenant j'ai jeté sur mes épaules la pèlerine des pauvres, rattaché mes chaussures au coin amer d'une borne, et, tout seul maintenant sous la gargoulette des gouttières, j'attends l'heure de l'ouverture des épiceries.

Julien Gracq

Liberté grande, LIBRAIRIE JOSE CORTI.

Liberté grande

Mots et chevaux du bon Villon

Cheval_sur_lettre_dc AU DOS DE LA LETTRE.

Allez, lettres, faites un saut ;

Combien que vous n'ayez pied ni langue,

                                   Remontrez en votre harangue

                                   Que faute d'argent si m'assaut.

François Villon

Requête à monseigneur de Bourbon in Oeuvres poétiques, Garnier Flammarion.

La chair de l'orange

Portokal_et_bocal_soldate_guitare LA VIEILLE DAME (dit de mémoire)

- "La neige est dure sur les côteaux. J'ai marché, mon paquet lacé sur l'épaule. Je n'avais pas décidé de rompre, mais d'organiser une vie nouvelle. J'ai traversé la forêt et j'ai trouvé la maison. A l'intérieur, les hommes sont nombreux, et les femmes parmi eux. Je cherche du regard les armes et n'en trouve pas. Je cherche du regard les couteaux aux ceintures, j'en trouve un, sur la table tout contre une orange fraîchement coupée en quartiers. Je cherche les signes de bienvenue, et je trouve les regards de mes camarades."

Le sang n'était pas l'objet de sacre pour les libertaires qui m'étaient proches ou me ressemblaient. Aucun sacre, aucun massacre. (La vieille dame pose la joue dans sa main, elle nous regarde et elle sourit).

Magali Mauras

Aimé Césaire

Coup_de_foudre_la_toile_souvenir_de_peau                                35

                                                                    foyer...      

mémoire honorant le paysage

décompte

le foyer nourrit à s'y méprendre l'équité d'un cratère

un souvenir de peau très douce ne s'interdit pas

aux paumes d'un automne

Aimé Césaire    

Moi, laminaire... in  La Poésie    EDITIONS DU SEUIL 

Dans cet ouvrage dont l'édition est établie par Daniel Maximin et Gilles Carpentier, on retrouve les recueils et les textes :

Cahier d'un retour au pays natal ; Les armes miraculeuses ; L'irrémédiable ; Poèmes de la revue Tropiques ; Cadastre : Soleil cou coupé et Corps perdu ; Soleil cou coupé (poèmes non repris dans la version définitive) ; Ferrements ; Moi, laminaire... ; Quand Miguel Angel Asturias disparut ; Wilfredo Lam ; Noria (poèmes non repris dans Moi, laminaire...) ; Comme un malentendu de salut... (recueil inédit).

                   

La mélodie des tables

Femme_et_enfants_dc Si sûres d'elles

mère, soeurs, lumignons

des lignes sagement chantées

tue-tête par-dessus les fiévreux secrets

et moi, ma leçon oubliée

Un instant j'hésite

l'aube de brume

me ravit

Je grandis

ailleurs

                                                                                              Magali Mauras

Battements d'ailes au coeur de Cendrars

VIE DANGEREUSE

2003_0427image0028_1 Aujourd'hui je suis peut-être l'homme le plus heureux du monde

Je possède tout ce que je ne désire pas

                          Et la seule chose à laquelle je tienne dans la vie chaque

                             tour de l'hélice m'en rapproche

                         Et j'aurai peut-être tout perdu en arrivant

Blaise Cendrars

Au coeur du monde Poésies complètes : 1924-1929, nrf Poésie/Gallimard.